Tout commence par une fin. Celle de ma grand-mère, Aliette NAVLET.
Par un mois d’août lourd et ouaté, je me suis attelée au tri de ses derniers cartons. 
C'est alors que, sur du papier millimétré orange, surgit un arbre généalogique méticuleusement établi par mon arrière-grand-père dans les années 70.
Je l'imagine, penché sur sa grande table d’architecte, entre gommes et crayons. Cette même table sur laquelle j’ai tracé mes premières lettres.
Avec une précision sans faille, il a consigné les noms, prénoms et dates des Navlet, ces figures qui forment notre famille.
Les prénoms affichés sont les mêmes qui signaient les toiles qui habillaient il n'y a pas si longtemps les murs de la chambre de Mamie.
Ces tableaux, je ne les ai vraiment redécouverts qu'au grè d’une insomnie estivale. “Je suis née avec tout ça, je peux plus les voir” bougonnait ma grand-mère.
Pourtant quelle ne fut pas son émotion lorsqu’elle reconnut L'escalier de l’Opéra de Paris de son cher Victor exposé au musée d’Orsay.
Victor, Joseph, Gustave, la cousine Claire… Des prénoms qui ont forgé un nom.
Des tempéraments surtout ! Bien que reconnus de leur vivant, ces esprits rebelles aux conventions sirupeuses du XIXe siècle ont vu leur notoriété peu à peu s’effacer.
Et puis il y a Eugène, ingénieur Génie Civil aux côtés de Fulgence Bienvenüe ; et Arthur qui inspira Walt Disney ; et Robert au C.E d’Electricité de France…
Aujourd’hui, en fondant l’Institut Navlet, mon souhait est de faire redécouvrir l’incontestable talent de la fratrie Navlet et de ses descendants.
Que leurs œuvres, enfin reconnues, nourrissent l’inspiration des créateurs d’aujourd’hui et de demain.
Que leurs émotions, leur histoire et leur époque deviennent un témoignage vivant.
Partager leur passion brute, financer les restaurations, numériser les archives, collaborer à la recherche, telle est la mission de l'I.N.
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Lily J. N.